De loin je te vis. Petit comme toujours, jamais immobile, mais jamais trop agité. Tu étais fabuleux. La brise de cette magnifique après midi faisait danser tes bouclettes si parfaites, si rondes contre la lumiere du jour. Un soleil éblouissant, un doré frappant. Toujours avec ta tête remplie de nouvelles idées, vite tu abbandonnais ce que tu avais déjà commencer. Tu étais tellement naif et innoncent. Ce n'est pas un secret, a ton age, ce n'est point un défaut, mais une qualité. Toi, seul dans ton monde, tu voyais des choses qui n'existaient pas, tu possèdais le don de tout voir, et de ne rien voir à la fois. L'apparence ne comptait pas dans ton monde. La veste que tu portais, faisait une taille de plus et était mal mise, les manches remontées, la chemise blanche recouverte de boue, la cravatte a moitié defaite. Tes chaussures étais quelque part, je ne sais où. Pieds nu, en contact direct avec la terre. Un pantalon froissé, sale, maltraité. Tu ne pensais plus qu'à toi, égoiste, solitaire, mais heureux. Tout te tournais autour. Tu sentais tout. La nature qui t'entourait, le bruits des feuilles d'arbre qui bougaient, le mouvement lent mais aussi rapide des nuages, le pollen qui vole ou plutot, qui flotte dans l'air, et puis ce leger vent qui te murmurait quelque chose que toi seul tu comprennais. Que vois-je? Un sourir, tes dents toutes petites, toutes blanches. Un sourrir d'enfant, un sourrir unique. Tes yeux éblouies par les oiseaux qui volait au dessus de toi. Un amusement, une découverte. Un monde si parfait. Tes lèvres toujours humides, toujours rouges, toujours enroulées, tu te mordais ta levre inferieur. Un autre jeu. Des bout de bois, que tu ramassais doucement, tu en utilisais des fois pour faire semblant d'etre un guide, qui partira bientot, ou plutart, loin très loin. Voici un plaisir que je m'offrais tous les jours, cachée sous un arbuste, pliée en deux, immobile, pour te voir, t'admirer ne serait-ce qu'une seconde.
Et en l'espace d'un instant, je cru voir tes yeux, ébouilie, emerveillés, heureux, une sensation tellement forte, tellement extreme, tellement violente, que, tout en restant immobile comme toujours, des larmes innondairent ma joie.